Au fil des étoiles

14 octobre 2020

Bon, à ce stade...

DSC_0820

Autant en août, je pouvais encore douter, autant maintenant, il est évident que je ne serai pas publiée sur le manuscrit que j'ai envoyé. Je pense que je suis en train de faire ma paix avec l'idée. D'abord parce que je n'étais pas attachée de toute mon âme à ce roman. Ensuite parce que je l'ai utilisé comme base d'inspiration pour autre chose. C'était un jalon, je suis prête au suivant.

En réalité, je foisonne d'idées. J'ai aussi conscience que le secteur est en crise et que plus le temps passe, plus la situation s'annonce difficile pour percer. Je ne vais pas renoncer pour autant. Je ne répondrai pas non plus aux sirènes de l'auto-édition pour l'instant. Je persiste à penser que ce n'est pas pour moi, pas tout de suite.

Je n'exclus pas de soummettre ce manuscrit une nouvelle fois, un autre jour, dans d'autres circonstances. Mais en réalité, j'ai hâte de m'attaquer à mon prochain projet. J'ai hâte de me remettre à écrire ! J'attends l'été avec impatience.

Par contre, je ne pense pas en publier d'extraits ici. Tout simplement parce que je joue encore avec l'idée de proposer le manuscrit à d'autres maisons, plus tard. Peut-être dans un contexte plus approprié ? L'avenir nous le dira.

J'ai conscience que vous ne m'avez plus lue depuis longtemps, et ça me frustre sans doute autant que vous... Mais je n'ai pas de vraie solution pour l'instant. J'y réfléchis, en tout cas. Au moins il reste ce blog !

Posté par Melifol à 16:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


07 octobre 2020

Illustration : sandara

DSC_0375

Sandara, c'est une histoire d'amour qui dure depuis 15 ans. Quand je commençais à considérer l'écriture sérieusement, j'étais à la recherche d'exercices pour améliorer mon style. J'adorais deviantart, qui est encore aujourd'hui un site artistique foisonnant, et je m'y promenais pour le plaisir, par mots-clés. Le premier dessins de Sandara que j'ai vu est celui du Fou de Robin Hobb, en noir et blanc. Je l'ai longtemps utilisé comme avatar.

Mais cette galerie contient tellement plus. Et ce que j'ai aimé dès le départ, c'est l'atmosphère de féérie et l'impression profonde que j'ai ressentie à la vue de ces illustrations. C'était comme surprendre une histoire en plein milieu, sans forcément en comprendre les causes ou les conséquences, mais en saisissant l'émotion du moment humain qui se déroulait entre les personnages. Bref, je me sentais frappée par les sentiments dégagés par ces oeuvres.

J'ai plusieurs fois utilisé ces dessins comme support. J'essayais d'imaginer le contexte qui entourait une illustration pour en fait une nouvelle. Cela m'a appris énormément.

Depuis, je n'ai pas lâché Sandara. Je regarde régulièrement les nouveautés de la galerie. Je trouve ces images reposantes, inspirantes. Je n'écris plus de nouvelles avec ces bases, mais parfois, une idée me vient pour autre chose. Je ne peux que vous reommander d'explorer sa galerie !

La voici : https://www.deviantart.com/sandara/gallery

Posté par Melifol à 16:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

30 septembre 2020

Littérature et histoire, jusqu'à quel point ?

P1080066

Cette question a traversé mes derniers articles Transmédia, et ce n'est pas un hasard ! Je me la pose depuis longtemps, et je m'en inspire à l'occasion. Elle est bien sûr liée aux genres que je pratique : le steampunk, la fantasy, la science-fiction... A sa façon, chacun est lié à l'Histoire, ou en tout cas à une conception particulière qu'on s'en fait. Je pense que la question centrale, dans le cadre de la fiction, est le souci de "faire vrai". L'argument historique, de plus en plus, est un argument de vente, et on part du principe que le lecteur connaît ou au moins se fait une idée de la réalité de la période qu'on évoque, afin qu'il puisse en saisir les différences.

On se retrouve donc face à un double défi : celui de la référence exacte qui pousse à rechercher la référence historique précise, et la volonté d'originalité qui pousse à se démarquer de façon explicite de cette référence pour apporter de l'originalité. Exemple : dans un environnement de fantasy classique, on fait référence au Moyen-Âge. Allumer un feu demande du temps, puisque les allumettes n'existent pas encore. Pourtant, faut-il vraiment mentionner ce fait historique ? Les auteurs décident de se démarquer, soit en ne mentionnant pas le fait, soit en créant une autre façon de faire du feu, complètement différente, comme l'emploi de la magie.

Le steampunk repose complètement sur le phénomène : on présente des éléments originaux par rapport à une réalité historique donnée. Quant à la science-fiction, il s'agit plutôt de projection à partir d'un élément donné du présent. D'une façon ou d'une autre, le lien à l'Histoire s'impose par rapport aux connaissances du lecteur, mais aussi ce que sous-entend l'auteur.

Cet équilibre est très difficle à trouver. Il s'agit de donner une cohérence historique, un aperçu, mais sans trop entrer dans les détails, afin de ne pas choquer le lecteur par rapport au récit. Après tout, il s'agit de fiction. D'un autre côté, trop dévier de l'élément historique peut choquer aussi, en particulier par un manque de connaissances. Concrètement : doit-on se renseigner sur le type de tables, la forme ou l'accessoire précis d'une armure, le type de plantes présent dans une région ? Oui, je me suis déjà retrouvée à faire ce genre de recherche, qui ne l'a pas fait ? Après tout, nous sommes tous des héritiers de Tolkien (et Tolkien était un génie, je vous l'ai déjà dit, non ?). Pourtant, je pense que cela a ses limites. Comme le pensent les créateurs de jeux vidéos, de séries, de films. Je ne veux pas sortir mon lecteur de l'ambiance par trop de réalité historique ou des détails inattendus. Par contre, quand c'est possible et quand cela peut aider le lecteur à rentrer dans une histoire, j'aime les détails historiques, et surtout les références.

Finalement, je pense que c'est cette idée de référence qui est faite pour durer. Le lecteur capable de la saisir le fera, et celui qui ne s'y connaît pas passera à côté. Cela permet au lecteur de se créer son propre univers, en fonction de ses connaissances personnelles et de son imagination. C'est aussi, parfois, une solution de facilité pour l'auteur. C'est pourquoi je ne veux pas l'utiliser tout le temps. J'essaie de faire autrement, différemment. Je suis encore en recherche par rapport au sujet. Je vous tiendrai au courant de mes avancées !

Posté par Melifol à 20:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 septembre 2020

Série : les Tudors

DSC_0008

Dès les premiers épisodes, j'ai adoré les Tudors. Dans la même lignée, il y a Vikings, bien sûr, mais je vous en parlerai peut-être une autre fois. Pourquoi cette série, déjà datée à présent, a eu un tel impact sur moi ? J'aimerais avant toute chose, éliminer certains de ses aspects, qui ne m'ont pas forcément plu et qui ont fait son succès. Le premier est l'omniprésence de la sexualité. Ca ne m'a jamais intéressée. Au contraire, ce sont toujours les côtés que j'ai trouvé les moins intéressants (pareil dans Game of thrones, d'ailleurs). J'en pense autant des intrigues et des meurtres. Et surtout, j'ai toujours préféré Henry Cavill, qui a selon moi des vrais talents d'acteur, à Jonathan Rhys-Meyers, qui joue plus sur son physique (contestable ?) que sur son talent.

Après cette entrée par la critique, voilà pourquoi j'adore cette série plus que beaucoup d'autres, et que je la regarde encore avec plaisir. D'abord, comme pour Assassin's creed, j'éprouve un plaisir profond à croiser des personnages ou des auteurs que je connais déjà dans le cadre d'une série, et dès le départ j'ai adoré l'implicaton de Thomas More, dont je ne connaissais pas la biographie mais dont j'avais lu l'Utopie. J'ai aussi aimé le fait de placer l'Angleterre au coeur de l'Europe de son temps en mêlant grande et petite échelle, histoire personnelle d'Henry VIII, soucis nationaux et enjeux européens politiques et religieux. La découverte de personnages et de leurs enjeux particuliers m'a particulièrement plu.

J'ai aussi beaucoup aimé le contexte religieux avec l'importance de la création de la religion anglicane. Cette série m'a ouvert toute une partie de l'histoire anglaise que je ne connaissais pas. Le personnage de Marie Tudor m'a beaucoup frappée. De plus, on sent l'importance prise par les costumes et la musique, très travaillée. Cette première ouverture à l'histoire anglaise m'a cependant surprise après vérification : certains événements réels (et cela a été une vraie source de critique pour la série), ont été modifiés pour servir l'intrigue alors qu'ils ne se sont pas produits.

Pour une fois, cela ne m'a pas choquée. Parce que ce que je préfère dans les Tudors, c'est l'esthétique de la Renaissance. Je n'ai jamais vu un travail aussi cohérent et détaillé par rapport à l'époque qu'il est supposé représenté. On ne retrouve pas seulement l'idée de la Renaissance, on parvient à en ressentir les grandes thématiques, les concepts... Et même l'impact des oeuvres esthétiques de l'époque. En cela, le dernier épisode de la série fait figure d'exemple, et oui, je le regarde parfois juste pour le plaisir.

Pour moi, les Tudors n'ont pas à être fidèles à la réalité. Ils correspondent à l'idée que nous nous faisons de la Renaissance. Ils piochent dans la période non pour lui être fidèle, mais pour en faire ressortir la beauté. Je n'ai jamais vu une série comme celle-ci. Et je l'ai adorée. Et je l'adore. Et je continuerai à la recommander, car pour moi, elle marque un tournant dans l'ère des séries historiques, dont Vikings s'est fait l'héritier (normal, c'est environ les mêmes gens) et qui continue à marquer le paysage audiovisuel actuel.

Posté par Melifol à 17:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 septembre 2020

Le blocage de l'écrivain

DSC_0142

Il me semble en avoir déjà parlé quelque part, mais je pense qu'il est temps d'actualiser ce que j'en pense ? Il ne s'agit pas vraiment de blocage, mais de tactiques d'évitement dans mon cas. Je n'ai jamais eu de vraies difficultés à trouver des idées d'écriture. Si je ne sais pas quoi faire, j'écris mes pensées à la façon d'un journal, ou je m'impose des thèmes par rapport à ce que j'aimerais écrire autour du genre, comme un conte, une lettre, etc. Bref, je ne manque pas vraiment d'idées.

En général, c'est plutôt le contraire : j'ai une idée, j'aimerais l'écrire, mais je ne le fais pas. Je rentre donc dans des stratégies d'évitement, la plupart du temps en remettant en cause ma liste de priorités. En réalité, alors que l'écriture est très importante pour moi, je la fais passer derrière tout le reste : quotidien, travail, autres arts, amis... parfois même regarder une série, bouquiner, ne rien faire. Comme si je devais créer des conditions particulières pour me mettre au travail.

Je pense que cette attitude est liée à la peur de l'échec. L'idée de ne pas faire bien, au bon moment, comme il faut. Je pense aussi que c'est une question d'angle. Quand on commence à écrire, on a conscience d'à quel point la première phrase, les premiers mots comptent. Il y a une pression sur la façon de commencer. En général, je me force donc à écrire quelque chose en ayant conscience que c'est mauvais. Je ne cherche pas la perfection, je chercher l'écriture.

Je pense que cette attitude est aussi liée à la sanctification de l'acte d'écriture et au statut de l'écrivain. Il y a cette idée de l'inspiration, du bon moment, qui n'existe pas dans la réalité mais qui repose sur une conception romanticisée dépassée (mais encore très présente) et qui revient régulièrement. C'est inconscient, mais je pense que cela me travaille aussi.

Sur le fond, je pense aussi que j'ai besoin de stabilité pour écrire. De sentir que tout est prêt, tout est fait, et que j'ai la liberté de me plonger dans ce que je veux faire. Cela ne m'arrive pas seulement pour l'écriture, mais le phénomène prend de l'ampleur quand il s'agit de ça (peut-être parce que j'y accorde plus d'importance qu'au reste ?). Le problème, c'est que personne n'a jamais "tout fait" ou "fini". Les obligations se succèdent toujours. D'un autre côté, si je me dégage un moment d'écriture, cela peut augmenter la pression que je ressens.

Je me retrouve donc souvent à réfléchir trop et éviter une fois de plus le problème. A ce stade, la seule solution pour m'en sortir est de me forcer à commencer. Et c'est compliqué. C'est une sorte de cercle vicieux. Pourtant, avec le temps, je prends l'habitude de forcer ce début et le blocage se fait de moins en moins long, et de moins en moins souvent. Chaque réussite me donne un peu plus confiance en moi. Je pense que c'est ça, le secret. La pratique. Et voir que tout fonctionne, pour pouvoir recommencer.

Posté par Melifol à 16:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


09 septembre 2020

Comics : Fable

DSC_0872

Aujourd'hui, je vous parle d'un de mes comics préférés de tous les temps. J'ai attendu assez longtemps, mais j'avoue que j'ai un peu gardé cet article pour le savourer. Je vous recommande aussi le jeu vidéo qui va avec (The Wolf among us), puisque nous sommes dans la rubrique Transmédia (je sais, j'ai tendance à l'oublier autant que vous).

Le principe de Fables est simple : les personnages de contes de fées ont dû abandonner leurs territoire dans le monde féérique suite aux attaques d'un mystérieux envahisseur. Ils se retrouvent exilés à Fabletown, en plein coeur de Manhattan. Ils cherchent à rester discrets, notamment en envoyant les Fables à l'apparence d'animaux à la Ferme, un endroit isolé complètement à part et dans lequel ils sont emprisonnés, tandis que les autres organisent la reprise de leurs territoires depuis un immeuble entouré de sortilèges. On retrouve des personnages bien connus, mais adaptés à notre monde : Blanche-Neige, Cendrillon, Pinnochio... Mais surtout Bigby, le grand méchant loup qui tente de lutter contre sa nature et de se socialiser.

J'aime Fable. Parce que le comics pioche dans différents folklores, différentes traditions et les mélange à notre modernité, mais aussi parce qu'il parvient à mêler la légèreté des contes et leur gravité, leur côté sombre et terrifiant. Certains tomes sont terrifiants. D'autres sont beaux, romantiques, donnent de l'espoir... On s'attache à ces personnages au-delà de la connaissance que nous en avons. Ils deviennent des êtres à part, car les contes de fées que nous connaissons remontent, pour eux aussi, à très longtemps, et ils ont évolué... Cela pose la question, aussi, de la magie et de la science, de la liberté, de qui est le méchant... Bref, Fables parle d'humanité. A la manière des contes, on en sort grandi, pas forcément par une morale, mais par l'expérience que nous avons vécue. 

Par ailleurs, le dessin, les couleurs... Tout donne envie. L'adaptation des tenues, parfois (mais pas souvent) l'allusion aux Disney... Les aventures des personnages à part, en-dehors de l'intrigue générale aussi, tout donne envie. Je ne peux que vous encourager à découvrir cette perle rare !

Posté par Melifol à 18:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 septembre 2020

Le carnet d'idées

DSC_0583

C'est une grande nouveauté pour moi : cette année, je teste le carnet d'idées. Je sais que je n'aurai pas le temps d'écrire, ni de développer mes idées. Je vais être prise par le temps. Pourtant, (et c'est le principe de l'existence de ce blog, aussi), je sais que je n'arriverai pas à m'arrêter. J'aime écrire. Si j'écris, c'est parce que ça répond chez moi à un besoin, à une envie profonde. Ne pas écrire, ne pas m'exprimer, c'est impossible.

Vous l'avez compris, ce carnet constituera donc un ersatz. Il s'agit, dès qu'il me vient une idée, bonne ou mauvaise, de pouvoir l'exprimer. Pour l'instant, je note. Quand tout sera fini, à un moment, cela me permettra de classer ces idées et de mettre en place les tactiques nécessaires à l'élaboration d'un nouveau roman.

Parce que je ne perds pas espoir, et je ne perds pas non plus l'horizon d'attente d'un nouveau roman. Il va venir. Que le manuscrit que j'ai déjà soumis soit publié ou non ne compte pas. Il y en aura un autre.

Donc, je vais noter. Je pense que le fait qu'il n'y ait aucun classement, que je ne puisse rien développer me frustrera très vite. Mais je n'ai rien d'autre et je veux tenter. Je vous dirai ce qu'il en ressort !

Posté par Melifol à 18:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 août 2020

J'ai manqué un mercredi, mais voici l'article !

DSC_0360

Chers tous, je me permets un petit article à part pour vous parler de mon actualité, qui n'a pour une fois rien à voir avec l'écriture, mais plutôt avec celle de ce blog ! J'ai réussi à en maintenir l'activité avec une certaine régularité ces derniers mois, mais beaucoup de choses ont bougé dans ma vie cet été et je ne pourrai pas retenir leurs conséquences bien longtemps.

Tout d'abord, pour plein de raisons, j'ai décidé de passer un concours de la fonction publique dans mon domaine de compétences tout en continuant à travailler. Ce qui signifie que durant les prochains mois, jusqu'à janvier au moins mais peut-être après, je serai très occupée (c'est un euphémisme). Dans l'idéal, j'aimerais que vous ne le remarquiez pas. En réalité, je me doute bien que mes articles vont se raréfier. Peut-être même disaparaîtrai-je du jour au lendemain, emportée par mon quotidien.

Ne vous inquiétez pas, je vais revenir. Je vais juste perdre en régularité. Autant que vous le sachiez et que vous ne vous attendiez à rien ! Il me reste quelques semaines d'avance, mais je vous dis quand même à bientôt !

Posté par Melifol à 19:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 août 2020

De la perfection du style

DSC_0697

J’ai beaucoup lu de rhétorique ces derniers temps et cela m’a permis de comprendre que chacun recherche, depuis très longtemps, une sorte de recette secrète du style. Aristote a fait date, bien sûr, mais lui-même cite des références. Ce principe, c'est celui de l'essence. Il y aurait quelque part un texte alpha, parfait, capable de subjuguer n'importe qui si on l'exprime suffisamment bien. Le but de tout auteur serait de l'atteindre en suivant une technique qui, comme l'art, ferait l'unanimité. Car au fond c'est cette question qu'on pose, celle de l'art. Existe-t-il un critère universel, une oeuvre capable d'émouvoir n'importe qui, quel que soit le contexte ?

Cette recherche de la perfection m’intrigue. Le style parfait existe-t-il ? Est-il nécessaire ? Dans notre culture occidentale, la question du style est marquée par Aristote. En réalité, tout auteur, qu'il le sache ou non, s'est positionné par rapport à lui. En gros, que disait-il ? Plein de choses. Mais il a placé certains réflexes qui sont restés les nôtres, comme l'idée que la comédie était plutôt l'affaire du peuple, et la tragédie concernait la noblesse. Vous croyez que ça n'existe plus aujourd'hui ? Batman. Ou n'importe quel héros. L'idée d'élection est le pendant moderne, selon moi, de ce principe millénaire. Bien sûr, on a tenté (et parfois réussi) l'inverse. Mais c'était toujours par rapport à Aristote. Dans le discours rhétorique, même constat : posture, ton, beaucoup d'éléments, actualisés, se retrouvent aujourd'hui.

Mais cela reste occidental. Dans le reste du monde, la fiction se construit selon des structures différentes. Alors pourquoi conserver Aristote ? Par l'influence des auteurs antiques sur notre culture moderne. Ce qui pose tout de même cette question du code. Les traités que j'ai lus datent de l'Antiquité, mais aussi du 17e siècle (l'époque classique) ou du 18e. Le point commun ? Ils cherchent à faire correspondre le langage avec une idée supérieure. Le but est de s'exprimer de façon à la fois belle et simple. Un idéal que l'on retrouve complètement ailleurs (chez Tolkien, pour ne pas le citer (mais si, c'était pour le citer, regardez, ça marche bien les effets de style)). La question est de savoir comment.

C'est là que les auteurs commencent à être à la fois très précis et très vagues : il faut être simple, faire des phrases ni trop courtes, ni trop longues (si si, j'ai lu ça), varier les figures de style, donner du rythme, mais pas trop, prendre en compte son public, avoir un vocabulaire élevé mais pas trop... Bref, très rapidement, ça devient compliqué. Beaucoup de théories reviennent sur la question du travail du texte et de l'inspiration. Quand faut-il s'arrêter ? Y a-t-il quelque chose "qui vient" d'ailleurs ? En général, ils concluent que non, et que retravailler son texte, c'est mieux (je partage cette opinion).

Au sortir de ces lectures, je me suis sentie perplexe. Pourquoi, depuis des siècles, les auteurs se posent-ils cette question de la perfection ? Je veux dire, au bout d'un moment, ils ont dû se rendre compte qu'il n'y avait pas de bonne réponse à cette question, non ? Après plusieurs traités de rhétorique, d'arts poétiques, quel intérêt de rajouter sa propre pierre à l'édifice ? Chez certains, c'est l'idée de transmission qui domine, mais chez d'autres, c'est bien la volonté de donner sa propre définition (un peu pédant, je trouve).

Derrière tout ça, je pense, se trouve la question de l'universalité. En France surtout, un texte s'adresse à un double public. On cherche à toucher le plus grand nombre, et de nos jours, à rentabiliser son texte. Mais d'un autre côté, on cherche la reconnaissance de ses pairs. Et cela passe par une maîtrise du style complexe, qui pousse à l'admiration. Oui, ces deux publics s'opposent. D'où la nécessité de traités capables de nous aider à trouver un équilibre entre les deux pendants : rester suffisamment simple pour le plus grand nombre, mais pointu pour être reconnu en tant qu'intellectuel.

Dans ce cadre, je comprends mieux l'intérêt de ces traités. C'est une question que je me pose. J'essaie d'adopter un style abordable, mais j'ai tendance à me laisser emporter vers la complexité, parfois par lourdeur, mais aussi parfois parce que je cherche à élever mon style, à rejoindre cette élite intellectuelle que j'admire. De façon générale chacun cherche à donner le mieux de lui-même. Pourtant, je ne pense pas qu'un texte puisse prendre une valeur universelle. Même Baudelaire, ou Tolkien. Sinon, les cours de littérature n'existeraient pas. Il n'y aurait pas besoin d'expliquer les livres. Chacun serait touché à sa façon, et la question en resterait là.

C'est triste, mais il me semble que la majorité des gens reste imperméable à Baudelaire et Tolkien. Pourtant, personne ne niera la beauté de ces textes. Je pense continuer à m'interroger sur le sujet et vous faire part de mes réflexions ici !

Posté par Melifol à 20:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 août 2020

Jeu vidéo : Assassin's creed

DSC_0216

S'il y a une licence qui a marqué ma vie, c'est bien Assassin's creed. Depuis... 10 ans, déjà ? Je ne les ai pas tous faits (qui aurait le temps ?), mais j'avoue que ce jeu m'a vu grandir, évoluer, et que je le retrouve avec toujours le même plaisir. Dois-je vraiment expliquer le principe ? C'est un assassin qui tue des gens. Enfin, pas tout à fait. En réalité, l'intrigue de base (on nous le rappelle à chaque début d'épisode), ce sont des gens qui arrivent à revivre le passé de leurs lointains ancêtres grâce à une machine qui utilise leur adn. Chaque épisode nous entraîne à une époque différente. J'ai commencé à Florence, avec le deux. J'ai continué à Rome, à Constantinople, et clairement c'est l'opus que j'ai préféré. Mais j'ai aussi joué au pirate sur son bateau, participé à la révolution française, et maintenant j'ai rejoint la Grèce durant la guerre du Péloponnèse... Pour mes préférés (il y en a aussi des mauvais).

Je ne joue pas à Assassin's creed pour la fidélité historique. D'ailleurs, elle est relative. Bien sûr, on retrouve certains éléments, et je sais qu'ils essaient de ne pas faire n'importe quoi, mais souvent... Il suffit de s'y connaître un peu pour savoir que si. Ca reste une grosse licence faite pour le spectacle. Mais j'avoue que j'aime particulièrement croiser les personnages historiques. C'est drôle. Et on peut râler sur à quel point ils ne correspodent pas.

Je ne joue pas non plus pour les intrigues principales. Je ne sais pas qui trouve ces trames mais il faut admettre qu'elles sont répétitives et d'un convenu lassant et prévisible. Elles tournent toujours autour des mêmes thématiques : générales, familiales, amoureuses... Bref, elles m'indiffèrent assez, je dois le reconnaître. Depuis Ezio (et je sais que c'est le cas de beaucoup), je n'ai pas retrouvé de personnage emblématique, et on le sent dans la façon même dont les jeux sont montés : ce n'est plus le personnage qui est au centre, c'est l'univers.

Alors oui, l'univers. Il est toujours magnifique, il faut le reconnaître. Parcourir la Grèce antique en ce moment est un vrai plaisir, que je savoure à sa juste valeur. Les graphismes sont léchés, les paysages aussi. Le design des personnages est travaillé, le gameplay maîtrisé. Bref, c'est beau. Et ça l'a toujours été. Il y a dans Assassin's creed un côté spectaculaire que j'adore.

Pourtant, ce que j'aime le plus, c'est la toile de fond. Le combat idéologique. Je ne l'ai pas encore retrouvé dans Odyssey, mais je l'attends d'arrache-pied. Il s'agit de la lutte des assassins contre les templiers. Ce combat, dès le départ, m'a fascinée. Vaut-il mieux se battre pour laisser à chacun le choix de décider, quitte à ce qu'il se trompe, ou imposer ce que l'on pense pour le bien de tous, au risque de sombrer dans la corruption ? Ce mince équilibre, j'ai aimé le retrouver dans chaque opus. J'espère qu'il arrivera dans Odyssey. Pour l'instant, j'ai plus l'impression de jouer à un RPG classique qu'à un Assassin's creed mais ça viendra peut-être ? Au pire, je retournerai au 2, ce ne serait pas la première ni la dernière fois que je m'y remets !

Si ce n'est pas encore fait, n'hésitez pas à découvrir ces jeux, ils en valent le détour.

Posté par Melifol à 11:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]