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Au fil des étoiles

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30 décembre 2020

News

Musée des arts forains 013

Je suis à moins d'un mois des écrits de mon concours. Ma vie s'annonce très mouvementée avec les dernières révisions et le reste de ma vie. Je ne suis pas sûre d'assurer les articles de ce blog, même si l'envie persiste, fortement. Du coup, pour vous, ce sera la surprise ! Je n'ai plus aucun article d'avance, mais j'aurai peut-être l'occasion d'en rajouter ? A ce stade, c'est impossible à savoir.

Je posterai sans doute une actualité sur facebook si je parviens à poster. D'ici-là, je vous souhaite de bonnes fêtes, passez bien l'année... On se retrouve au plus vite !

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23 décembre 2020

Musique : Ben Mazué

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Je ne sais pas à quel point cet artiste va ou a influencé ma façon d'écrire. Ce n'est pas forcément mon artiste préféré, ni mon style de musique préféré. Pourtant, son dernier album a été un choc. Ma première réaction a été de m'étonner : quoi, la musique française existe encore ? Avec des textes, des paroliers ? Je suppose qu'elle n'est jamais vraiment morte, juste que j'ai perdu le fil (comme pour beaucoup de choses en musique, je dois l'admettre). Ensuite, j'ai été frappée par les sujets des chansons, qui reflètent l'évolution de notre société autour des thématiques de douceur, d'acceptation de soi, de bienveillance. Ca m'a fait plaisir.

C'est de la belle musique. Ce sont des paroles magnifiques. Le jeu sur les mots est subtil et poignant. Certaines chansons sont meilleures que d'autres. J'en écouterai sans doute quelques-unes à vie, parce qu'elles m'ont frappée au coeur. Cela me fait du bien de constater que ce genre de travail du texte, de mots ciselés comme des bijoux, existe encore. Cette attention à l'intonation, au rythme aussi. Et puis la douceur de la musique. (oui, j'ai vraiment adoré).

Cependant, cela a provoqué plusieurs réflexions en moi. La première, c'est : pourquoi la chanson française est-elle toujours aussi triste ? Les paroles de fond sont douce-amères, traitant de sujets graves... Les rares moments de joie sont interrompus par des moments de déprime plus longs, quel que soit l'artiste que j'écoute. Il manque un auteur qui traite de sujets de fond de façon joyeuse, je trouve (mais peut-être, encore une fois, est-ce un manque de connaissances).

La seconde, plus importante, est de m'intéresser au processus d'écriture et à ce que signifie ce dernier album en particulier. Je me suis sentie intéressée par la portée thérapeutique évidente apportée à l'album. L'écriture sert ici à magnifier une émotion, à retirer du positif d'une situation négative. On le ressent, et cela lui donne une portée universelle. Même si nous ne nous identifions pas à la situation, elle fait écho en nous. Cela donne à penser en qualité d'écriture.

La troisième et la dernière, c'est mon admiration pour le courage de cette personne. Imagée ou non, cet album, pour moi, consiste à lire un journal intime. Il en a l'esthétique, le rythme, le type de phrases, le lien avec les pensées / la réalité... Et je ne peux m'empêcher d'admirer la façon dont c'est travaillé. Je me suis retrouvée happée, inspirée. Le format très court nécessite brièveté et style percutant. Je ne peux pas m'empêcher non plus de penser à la vie privée de cet homme. Se mettre à nu ainsi est admirable. Je sais que je n'en aurai pas le courage, pas sans le prisme de la fiction. Pourtant, je pense que je peux m'en inspirer pour donner l'apparence de la réalité à mes écrits. Et sans doute un peu plus de poésie.

Allez vous faire une idée, ça vaut le détour !

16 décembre 2020

Le traitement du virus et du confinement dans un film.

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Je viens de regarder un film nul. Ca arrive à tout le monde, me direz-vous. Mais alors pourquoi l'ai-je regardé ? Parce qu'il annonçait dès l'abord que sa mécanique reposait sur celle du confinement du printemps 2020 en utilisant le principe de l'apéro connecté entre amis.

Commercialement, je comprends l'intérêt d'une telle production et la nécessité de sa sortie rapide après les événements. Ce n'est pas le genre de film qui est destiné à durer dans le temps et à marquer les mémoires : on se situe dans la catégorie du divertissement familial. C'est le premier film, et plus largement la première oeuvre de fiction, qui traite de la pandémie. Le principe repose sur le huis-clos et le réglement de comptes. Au fur et à mesure de l'apéro, chacun va révéler des secrets sur les autres, des trahisons vont se faire jour, des événements vont se produire avec impossibilité pour les autres d'intervenir.

J'ai trouvé le principe intéressant. Ce n'était pas de la très bonne fiction, à mon sens, mais elle faisait son office et a le mérite d'être la première à aborder le sujet. On retrouve les grosses ficelles de la comédie française. Le principe de la représentation m'a un peu dérangée : une seule comédienne noire pour représenter la diversité, mais après tout si je prends en compte mon groupe personnel d'amis proches, qui suis-je pour m'offusquer ? Les allusions constantes au confinement, très lourdes, m'ont semblé déplacées, comme des gros rappels pas forcément nécessaires : si le film n'est pas destiné à durer, pourquoi s'en embarrasser autrement que pour créer une fausse connivence avec le spectateur ?

Le film, bien sûr, n'a pas nécessité un gros budget. C'était un long appel Skype avec quelques caméras et un bon éclairage. Mais cela n'était pas vraiment gênant. Ce qui me dérange, c'est ce qu'on fait de ce genre de film inscrit dans une actualité condamnée à disparaître. Quel intérêt ? Pourquoi ? Comment ? Ici, on se situe dans la comédie, on parle donc d'une situation de "durant la pandémie", "durant le confinement". Mais voilà, ce confinement est très rapidement rompu (on ne comprend pas trop pourquoi ?). Certaines actions des personnages ne me semblent pas cohérentes. On insiste sur l'enfermement, sur la nécessité de ce qui se passe. La principale question reste pourquoi, au bout d'un moment, l'appel continue à se dérouler ? Pourquoi n'y a-t-il pas d'effet de corps entre ces faux amis ? Des pistes sont entamées sans être poursuivies.

Et c'est là que je m'interroge. Est-ce que le sujet est mal traité ? En réalité, je ne pense pas. Je ne pense pas qu'on puisse faire mieux avec si peu de recul, ni par rapport à une telle situation. Pas dans un cadre réaliste. Je me trompe peut-être, les américains feront sans doute mieux ? Mais en attendant, les américains n'ont encore rien fait.

Peut-être que cela vient de moi. Que je ne veux envisager la réalité que par le prisme magnifié de la fiction. En tout cas j'ai l'impression que quelqu'un a ouvert une voie timide, une porte. Et que le monde reprend sa vie, en y intégrant ce qui s'est passé. J'ai hâte de voir comment le sujet sera traité par la suite. J'attends les livres.

9 décembre 2020

Série / roman / youtube : le Visiteur du futur

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J'adore le Visiteur du futur. Vraiment. J'adore les frères Descraques, aussi. De mon point de vue, ce sont des génies de l'écriture et de l'humour. Respectivement Raphaël et François, ils écrivent, jouent, inventent... Ils sont un modèle pour moi depuis très longtemps, et je les suis dans tout ce qu'ils font avec attention. J'aimerais savoir écrire comme eux, mais nous ne sommes pas dans le même domaine.

Le Visiteur du futur, c'est l'histoire d'un visiteur qui vient du futur (elle était facile). Plus précisément, il vient d'un monde où l'humanité a échoué et où tout est détruit. Il tente d'éviter les différentes suites d'incidents qui ont mené à cela pour vivre dans un monde viable. Il arrive dans les années 2000, à Paris, chez Raph', qui n'a bien sûr rien demandé.

Le début est sur youtube, mais il y a eu une saison diffusée à la télé, un roman, un manga, une bande dessinée, un jeu de société... C'est la vraie section transmédia, pour le coup ! J'aimerais beaucoup faire ça un jour avec une de mes historires.

Narrativement, au niveau du scénario, de la mise en scène, ces histoires m'enthousiasment. Je vous encourage à aller voir par vous-mêmes, tout simplement pour vous laisser la surprise de la découverte. Les premiers épisodes commencent à être vraiment datés, mais ne vous laissez pas arrêter : ça vous le coup de persévérer un peu !

Ce que j'aime surtout, c'est la complexité des personnages et de leurs interactions les uns avec les autres. Ils ne sont pas fixes, mais connaissent une vraie évolution avec le temps. Ils se remettent en cause, doutent. Ils ont une vraie profondeur psychologique et relationnelles.

 

2 décembre 2020

Mes projets lecture

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J'ai tendance à oublier que la lecture est la première chose qui peut influencer mon écriture. Par le style, par les intrigues, par les découvertes narratives...

Paradoxalement, je trouve que je ne lis plus assez. Me remettre aux études, et aux classiques, mais aussi à la critique, me fait énormément de bien par rapport à ma façon d'écrire.

J'aimerais ne pas oublier ce sentiment d'apprendre, et cette volonté d'aller plus loin. En particulier par rapport à la critique. Bien entendu, très souvent, nous nous retrouvons très loin de ce que l'auteur a vraiment voulu dire, de sa façon de réfléchir. Mais les interprétatons nous révèlent autre chose sur le texte. Elles nous aident à réfléchir, à construire notre opinion.

Les classiques, ou plutôt ce que j'appelle des classiques, c'est-à-dire des ouvrages de qualités qui tiennent l'épreuve du temps quel que soit leur genre, m'inspirent aussi. La littérature a tant à offrir. Quand je lis, j'absorbe le style de ma lecture et cela m'aide à clarifier ma pensée.

A cela s'ajoute, bien entendu, le raisonnement et le fait de chercher à percevoir au-delà, à m'élever par-delà le réel. J'aime raisonner. Et je cherche sans cesse à améliorer mon écriture. J'ai donc de grands projets.

D'abord, travailler sur l'histoire des idées. Je pense commencer par Foucault. Je me suis aussi renseignée sur les histoires de grandes notions comme la fatigue. J'aimerais continuer à apprendre.

Ensuite... Les grandes séries. Cela fait très longtemps que je n'ai pas lu de la longue fiction. J'aimerais aussi me pencher à nouveau sur la fantasy française et les sorties actuelles.

Je pense honnêtement que la compétition sera rude avec la crise du covid. Je pense aussi que je cherche souvent bien plus compliqué que les choses ne sont, littéralement. J'ai besoin de me rappeler de la simplicité de l'écriture, des intrigues... Le plus dur n'est pas de rédiger, mais de trouver l'idée qui frappera les esprits. Et la lecture peut m'aider sur cette voie.

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25 novembre 2020

Description et masques !

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Un des effets secondaires surprenant de la crise du covid est notre rapport au visage de l'autre. Avec l'obligation de porter un masque, nous ne nous voyons plus en entier. Nous ne voyons plus nos lèvres, notre nez... Seuls les yeux demeurent. Je ne pensais pas que cela pouvait avoir un impact sur notre façon de percevoir le monde. Encore moins d'écrire. Pourtant, c'est le cas.

Il s'avère que le cerveau projette beaucoup plus que je ne pensais sous ces masques. A commencer par une forme de visage, un sourire. Et quand le masque se lève... Le visage est différent. Et il y a ce moment d'incertitude étrange, où le cerveau répare son erreur.

Je pense, tout simplement, que cela va changer ma façon de décrire les personnages. Je ne prêtais jamais attention à ces parties du visage. A présent, je pense qu'elles me permettront d'enrichir le reste. Je pense aussi jouer sur le jeu des masques encore davantage. J'ignorais qu'on pouvait dissimuler, modifier si facilement son identité.

J'ai hâte de travailler sur ce domaine dans mes prochains écrits !

18 novembre 2020

La critique

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En tant qu'autrice, je fais face à une problématique que je considère comme complexe : le retour des lecteurs.

La plupart du temps, et c'est mon premier problème, il est inexistant. Je ne sais pas ce que les gens pensent. Il n'y a rien. J'ai créé une oeuvre, j'y ai mis quelque chose de moi, j'espère... Mais rien ne revient. Je l'ai jetée dans le monde, je m'en inquiète, mais je ne sais pas ce que ça a donné.

D'un autre côté, parfois, il y a des retours. Ce sont des retours critiques, sur des blogs en général. Ils sont toujours plutôt bons, ce qui me fait plaisir. Mais sont-ils pour autant représentatifs ? Et comment les gérer ? Je suis toujours contente de savoir de ce que j'ai écrit a plu mais je ne sais pas le gérer. Je ne veux pas avoir l'air de me vanter. Je ne sais pas non plus en quoi ça m'aide ? Je partage le contenu et je suis enthousiaste, mais je doute tout de même.

Je n'ai jamais trouvé d'avis négatif, et je considère que c'est une bonne chose. Je pense que s'il en existait j'en parlerais sur ce blog exactement de la même façon. Mais je ne saurais pas plus le gérer.

En réalité, ce qui me manque, c'est un dialogue direct avec le lecteur. J'espérais le trouver en salon, mais je ne suis pas connue. La critique est adressée à des lecteurs par des lecteurs, mais elle ne m'est pas dirigée. Trop peu de gens me lisent pour qu'on me parle de ce que j'écris. Et je trouve cela difficile. Si jamais vous lisez ce message et que nous ne nous connaissons pas, je serais heureuse de savoir ce que vous pensez de mes écrits. Vraiment !

11 novembre 2020

Manga : Arte

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 Le premier manga de cette rubrique transmédia ! Il y en aura d'autres, bien sûr.

Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'un manga que j'adore : Arte. Au premier abord, il s'agit d'un shojo un peu mièvre (comme tous les shojos ?), mais en réalité, il n'en est rien. Il se déroule dans une période et un milieu que j'adore, la Florence artistique de la Renaissance. Dans ce cadre, tout tourne autour de l'idée de base de la série : une jeune femme de la noblesse, Arte, tente de devenir artiste peintre dans un milieu qui la rejette parce qu'elle est une femme.

Cette série a tout pour me plaire : elle fait le point sur la situation de l'ensemble de la population de l'époque au regard de nos valeurs féministes actuelles. Elle sert à la fois une visée historique et éducative. Elle s'intéresse au milieu de l'art, à une de mes villes préférées, durant une époque que j'adore...

Le personnage d'Arte est très attachant sur plusieurs points : le premier, elle est une femme qui tente de s'en sortir. Le deuxième, elle est issue de la noblesse. Cela la place dans une double position : privilégiée et dénigrée à la fois. Son attitude s'en ressent. Elle est résolue, volontaire, éduquée... C'est un vrai modèle.

Bien entendu, il y a une petite histoire d'amour. Mais là aussi, c'est intéressant. Arte fait des choix, et elle tente de balancer entre sa vie affective et son travail. Plus intéressant, le travail finit toujours par prendre le dessus. Elle a de l'ambition, du talent, et s'applique à réussir avant tout le reste. Et je trouve cela rafraîchissant. Pour une fois, dans un shojo, tout ne tourne pas autour de l'homme. Au contraire, au fur et à mesure du récit, on rencontre plein de femmes différentes qui, elles aussi, doivent se débrouiller dans le monde ambivalent dans lequel elles évoluent. Chaque nouveau tome est comme une nouvelle couche de la société découverte, un nouveau problème soulevé (et résolu).

Le dessin est frais, beau, la lecture simple, claire et reposante. Je recommande ce manga à tout le monde !

4 novembre 2020

Un point sur le carnet d'idées

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Finalement, ce carnet d'idées, bonne ou mauvaise idée ? Ce premier bilan sera plutôt positif, avec quelques contrepoints cependant.

Comme son nom l'indique, le carnet d'idées permet de noter ses idées. En ce sens, il remplit sa fonction et se révèle indispensable. Je n'aurais jamais retenu tout ça toute seule, simplement parce que je n'ai pas le temps d'écrire depuis plusieurs mois, et que je ne l'aurais pas avant plusieurs mois non plus. D'ordinaire, j'ai le temps d'écrire, ne serait-ce que quelques lignes, sur les idées qui me viennent. Je crée un brouillon dans mes dossiers et je commence quelque chose. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Le carnet remplit donc son but.

Cependant, et c'est mon premier bémol, cela signifie que j'y écris tout et n'importe quoi. Les idées ne sont pas triées. Et elles ne sont certainement pas toutes bonnes. Quand j'écris sur un brouillon, je sélectionne sur le moment ce que je garde ou pas. Ici, tout est noté... Et j'ai tendance à vouloir tout conserver, tout relier aussi. Tout intégrer dans la même histoire. C'est donc compliqué de trier.

Je me rends compte que j'ai tendance aussi à trouver mes idées dans mon quotidien. Cela dépendra de ce que je suis en train de lire, de ce que j'observe. Parfois ce sont des concepts de structure, parfois des mots, des bouts de roman... Parfois cela repose sur des types narratifs, d'autres fois sur l'observation de mon environnement... Plus j'avance, plus je prends conscience que je n'invente rien et que je m'inspire de tout. C'est une vraie leçon d'humilité, mais cela m'inquiète aussi : où est la limite entre inspiration et plagiat ? Et surtout, si je ne suis pas capable de trouver une idée originale, comment puis-je espérer être publiée un jour ? Je me rassure par l'existence même de ces questions. En continuant à me les poser, j'arriverai à trouver ma voie.

Je vais continuer avec mon carnet d'idées, même après cette période je pense. Parce que son grand avantage, c'est de me montrer de façon physique et concrète que j'ai des idées, quelle que soit leur valeur. Ca me donne de l'espoir pour la suite. J'ai toujours peur de ne plus savoir quoi écrire après. Mais en réalité, des idées, j'en ai plein. Pas toujours bonnes, mais je saurai toujours quoi écrire. Et parfois, il y a des choses vraiment intéressantes que je pourrai utiliser, plus tard. Autant les avoir sous la main.

28 octobre 2020

Un petit point corona (ça faisait longtemps)

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Il semblerait que personne ne sache quoi vraiment faire ou penser à ce stade. C'est assez impressionnant. Couvre-feu, masque, gel... Il existe à présent tant de règles que personne ne respecte jamais totalement, ou bien trop (moi y compris). Il est très difficile de se situer.

Chacun, à sa façon, gère son rapport avec le virus, et donc avec le danger. Ce jeu intellectuel devient compliqué et repose sur une perception de soi liée à l'immortalité. L'idée première, c'est que le virus touchera les autres plutôt que soi pour pouvoir continuer à vivre et ne pas céder à la panique. Certains n'acceptent pas cette idée et s'isolent. D'autres s'y attachent bien trop et prennent des risques réels. De la même façon, le port des masques, les gestes barrières, s'ils diminuent les risques, prennent aussi valeur de rituel : la personne qui les exécute se sent protégée, immunisée, comme s'ils annulaient tout risque de contamination. Les gens se sentent protégés. Et puis, il y a l'idée du complot, qui inonde les réseaux sociaux et le monde. Dans ce contexte, le respect ou non de la règle prend une valeur politique symbolique, une idée de la rébellion à l'ordre établi qui interroge.

Chacun, à sa façon, gère son rapport avec le virus, et donc la restriction des libertés. Je pense que les gens n'ont pas perdu leur intelligence individuelle, (quelle que soit son étendue). Ce qui m'inquiète, c'est le caractère étatique et politisé de l'interdit. Nous avons grandi dans l'habitude de la liberté. Nous savons donc prendre nos distances avec la règle. Mais qu'arrivera-t-il si la situation perdure ? Si les différents gouvernements internationaux en profitent pour institutionnaliser de façon pérenne des lois liberticides ? Je constate avec inquiétude la montée d'un repli sur les lèvres, dans les comportements. De l'autocensure. De plus en plus, le vieux combat liberté/sécurité se solde par l'incontestable victoire de la sécurité.

Chacun, aussi, commence à comprendre l'ampleur de la crise qui s'annonce. Je me promène dans la rue et je constate les magasins en liquidation, les fermetures définitives, les gens qui vivent de plus en plus dans la rue aussi. Les gens, à raison, s'inquiètent pour leur travail. Pour l'avenir.

Dans ce cadre, qu'en est-il de la littérature ? Pourquoi, comment continuer à écrire ? Ces questions me préoccupent. Je ne suis qu'une petite autrice, je ne suis pas allée très loin. Quel intérêt pour moi de continuer ? Qu'est-ce que je peux apporter à un public ? Pourquoi encore lire, quand d'autres choses occupent les esprits ? Les maisons d'édition se retrouvent en difficulté, la culture est sinistrée. Je ne sais honnêtement pas si je serai publiée un jour, pour un roman ou autre chose. Les petites maisons, qui me publiaient jusqu'à présent, sont de plus en plus nombreuses à mettre la clé sous la porte.

Malgré tout, je ne renonce pas. Au contraire, je persiste à penser que ce que j'écris est important. Parce que je propose une vision différente du monde, déjà. Personnelle, parfois allant à l'encontre de ce qui est attendu. En tout cas, je veux continuer à faire réfléchir, d'une façon ou d'une autre. C'est si important pour moi. Et cela passe par l'écriture. Il s'agit aussi pour moi de continuer à proposer un contenu de qualité aux autres, une façon d'élever son esprit. Et surtout, je voudrais offrir une porte de sortie. Oui, cette polarisation des opinions, de la société m'inquiète. Mais n'est-ce pas justement maintenant que rêver à autre chose, se réinventer devient vital ? J'y crois. Je reste idéaliste. Et je ne renonce pas.

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